RDC : l’arrêté controversé sur les taxes du numérique provisoirement suspendu, le flou persiste
Signé par Doudou Fwamba Likunde et Augustin Kibassa Maliba, l’arrêté interministériel fixant les droits, taxes et redevances applicables aux acteurs du numérique en RDC fait l’objet d’une suspension provisoire annoncée par le ministère des Finances. Le cabinet du ministre de l’Économie numérique, lui, ne confirme pas encore cette décision.
Le feuilleton autour de la fiscalité du secteur numérique en République démocratique du Congo connaît un nouveau rebondissement. L’arrêté interministériel signé par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, et son collègue de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, serait provisoirement suspendu.
L’information a été annoncée par la Cellule de communication du ministère des Finances. Selon un communiqué des services de Doudou Fwamba Likunde, « la décision portant surséance dudit arrêté interministériel a été prise dans la soirée du samedi 1er août 2026 ».
Le cabinet de Kibassa ne confirme pas
Contacté par les confrères, le cabinet d’Augustin Kibassa Maliba n’a toutefois pas confirmé cette suspension.
Il indique plutôt qu’une réunion entre les experts des ministères des Finances et de l’Économie numérique est en cours. « C’est à l’issue de cette réunion qu’un communiqué conjoint sera publié », précise le cabinet.
Une autre source évoque, pour sa part, « l’élaboration en cours des mesures d’application » de l’arrêté, laissant ainsi planer le doute sur la nature exacte de la décision prise.
Dans l’attente d’une communication officielle conjointe, les services des deux ministères assurent néanmoins que le texte « ne concerne nullement les startups labellisées, ni les micro et petites entreprises formalisées ».
Un arrêté qui suscite la polémique
L’arrêté interministériel avait rapidement provoqué de nombreuses réactions dans l’écosystème numérique congolais. Le texte fixe les droits, taxes et redevances applicables aux différents acteurs du secteur et prévoit notamment des frais liés à l’autorisation et à l’agrément de certaines activités.
Les plateformes numériques, les réseaux sociaux ainsi que les services de streaming et de partage de contenus figurent également parmi les activités concernées.
Des dispositions jugées particulièrement contraignantes par plusieurs acteurs du secteur.
Fayulu dénonce une « aberration économique »
L’opposant Martin Fayulu s’est notamment insurgé contre les nouvelles charges susceptibles de peser sur les entreprises numériques.
« Soumettre des startups, parfois encore sans aucun revenu, à des “droits d’autorisation” pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars est une aberration économique », dénonce-t-il.
Pour lui, l’État devrait plutôt accompagner les entreprises innovantes et favoriser leur développement.
« L’État devrait soutenir ceux qui innovent, créent des emplois et bâtissent l’économie de demain, plutôt que de leur imposer de nouvelles barrières », ajoute-t-il.
Martin Fayulu appelle ainsi à une révision du texte et à l’ouverture d’un dialogue avec les professionnels du secteur.
Le gouvernement tente de rassurer
Face aux critiques, le directeur de cabinet du ministre de l’Économie numérique, Me Séraphin Umba Kapepe, avait tenté de rassurer les acteurs concernés.
« Les dispositions particulières relatives aux startups congolaises seront encadrées dans les jours à venir », avait-il précisé.
Pour l’heure, l’avenir immédiat de l’arrêté reste donc incertain. Entre suspension annoncée par le ministère des Finances, réunion technique en cours au sein des deux ministères et éventuelle élaboration de mesures d’application, les acteurs du numérique attendent désormais une position officielle et conjointe.
Une clarification particulièrement attendue dans un secteur où plusieurs voix redoutent que la nouvelle réglementation ne pèse lourdement sur les médias en ligne, les startups et les jeunes entreprises qui cherchent encore à consolider leur modèle économique en RDC.
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