RDC : le gouvernement vise 60 % de desserte en eau potable d’ici 2035
Le gouvernement congolais entend accélérer l’accès à l’eau potable à travers l’extension des infrastructures hydrauliques, avec un objectif de 60 % de taux de desserte à l’horizon 2035. À Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a détaillé les projets en cours et les prochaines étapes de cette politique, notamment à Tshikapa et Kananga.
L’accès à l’eau potable demeure au cœur des priorités du gouvernement congolais. En marge de la visite d’itinérance du président Félix Tshisekedi dans le Haut-Lomami, Aimé Molendo Sakombi a présenté, jeudi 30 juillet 2026 à Kaniama Kasese, les principales avancées enregistrées dans le secteur.
Le ministre intervenait lors d’un briefing de presse animé par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Il a inscrit ces réalisations dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique nationale du service public de l’eau, adoptée le 25 décembre 2025.
Selon Aimé Molendo Sakombi, le secteur bénéficie désormais d’un suivi particulier au plus haut niveau de l’État, à travers le Pacte présidentiel sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement.
« Nous voulons atteindre, en 2035, un taux de desserte de 60 % », a-t-il déclaré.
Tshikapa et Kananga, prochaines étapes
Après les travaux réalisés notamment à Lovoyi, le gouvernement prévoit de poursuivre le déploiement des infrastructures hydrauliques dans plusieurs grandes villes du pays.
A Tshikapa, dans la province du Kasaï, et Kananga, au Kasaï Central, figurent parmi les prochaines villes ciblées.
À Tshikapa, l’accent sera mis sur l’extension du réseau de distribution. La capacité de production actuellement installée, estimée à 50 000 m³ par jour, devrait être maintenue, mais le réseau sera considérablement étendu.
L’objectif est de faire passer le nombre de bénéficiaires potentiels d’environ 250 000 à 1,25 million de personnes.
À Kananga, le gouvernement table plutôt sur une augmentation substantielle de la production. L’usine existante, dont la capacité installée est de 25 000 m³ par jour, ne produit actuellement qu’environ 5 000 m³. Les travaux devraient permettre de porter cette production à 75 000 m³, en plus de la capacité apportée par une nouvelle usine.
« Je peux donc déjà vous dire que ces deux villes seront desservies convenablement », a assuré le ministre, promettant qu’aucune partie du pays ne sera exclue de la programmation gouvernementale.
Produire davantage, mais surtout raccorder les ménages
Au-delà de la construction et de la modernisation des infrastructures, le gouvernement veut également s’assurer que l’eau produite parvienne effectivement aux ménages.
Sur cette question, Aimé Molendo Sakombi a indiqué que des instructions avaient été données à la Regideso pour faciliter les raccordements des populations aux réseaux nouvellement développés.
Le ministre a également mis en avant la politique tarifaire destinée à préserver l’accès au service pour les ménages vulnérables.
Selon lui, à la suite de la révision de la tarification intervenue quelques mois auparavant avec l’appui du ministère de l’Économie, des tarifs réduits ont été maintenus en faveur des catégories les plus vulnérables.
À Kamina, l’appel au civisme des usagers
L’amélioration de l’accès à l’eau potable s’accompagne toutefois d’un autre enjeu : la préservation et l’entretien des infrastructures.
Évoquant le cas de Kamina, où les populations ont attendu plusieurs décennies avant de bénéficier d’une amélioration significative de leur approvisionnement en eau, le ministre a appelé les usagers à prendre leur part de responsabilité.
Il a notamment insisté sur le paiement régulier des factures, indispensable, selon lui, au financement de l’entretien des ouvrages et à la continuité du service.
« Il faut cependant s’acquitter à temps des factures afin de permettre à la Régie de distribution d’eau, par l’intermédiaire de ses services, d’assurer convenablement l’entretien de cet ouvrage d’intérêt commun », a-t-il recommandé.
Plus de 10 millions de personnes supplémentaires raccordées entre 2018 et 2023
L’ambition affichée pour 2035 s’appuie sur une progression déjà enregistrée ces dernières années.
Selon les données communiquées en novembre 2023 par David Tshilumba Mutombo, alors directeur général de la Regideso, 25,9 millions de personnes, soit environ 25,4 % de la population, bénéficiaient de la desserte en eau potable en 2018.
Cinq ans plus tard, le nombre de personnes connectées au réseau de la Regideso était passé à plus de 36,1 millions, soit environ 35,5 % de la population estimée à 100 millions d’habitants.
Cette évolution représente 10,7 millions de personnes supplémentaires raccordées au réseau entre 2018 et 2023.
Le gouvernement veut désormais franchir un nouveau cap : porter le taux de desserte à 60 % d’ici 2035. Une ambition qui repose à la fois sur l’augmentation des capacités de production, l’extension des réseaux de distribution, le raccordement des ménages et la préservation des infrastructures existantes.
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