Gouvernement Kambulu II au Kasaï Central : le mouvement Rien Sans Les Femmes dénonce la faible représentativité féminine Le gouverneur de la province du Kasaï Central a procédé, samedi 9 mai 2026, au remaniement de son gouvernement provincial. L’arrêté portant réaménagement de l’exécutif a été rendu public par le directeur de cabinet adjoint du gouverneur, lors d’une lecture officielle devant la cellule de communication du gouvernorat. Dans cette nouvelle équipe gouvernementale composée de dix membres, une seule femme figure parmi les ministres provinciaux. Il s’agit de la ministre du Genre, reconduite à son poste. La deuxième femme qui faisait partie du précédent gouvernement, alors ministre de la Santé publique, avait quitté ses fonctions après l’adoption d’une motion de défiance à son encontre par les députés provinciaux. Cette situation suscite de vives réactions au sein des organisations de défense des droits des femmes. La coordination provinciale du mouvement Rien Sans Les Femmes (RSLF) au Kasaï Central a exprimé sa profonde inquiétude face à ce qu’elle considère comme un déséquilibre dans la composition du nouveau gouvernement provincial. Selon la coordonnatrice provinciale, Nathalie Kambala Luse, la représentativité féminine demeure largement insuffisante malgré les engagements nationaux et internationaux en matière d’égalité des chances et d’inclusion. « Une seule femme sur dix ministres constitue un sabotage des instruments juridiques garantissant la parité homme-femme, notamment l’article 14 de la Constitution de la RDC, la loi n°15/013 du 1er août 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité, ainsi que le Protocole de Maputo en son article 9 », dénonce-t-elle. Le mouvement rappelle également le rôle central des femmes dans le développement de la société. « Nul n’ignore que les femmes constituent le poumon du développement d’une société. À ce titre, elles doivent pleinement participer à la gestion de la chose publique afin d’y apporter leur contribution », poursuit la déclaration. Face à cette situation, la coordination provinciale du RSLF formule plusieurs recommandations. Aux responsables des partis et regroupements politiques, le mouvement demande de mettre fin à toute forme de discrimination ou de marginalisation des femmes dans la vie politique et institutionnelle, tout en veillant à proposer davantage de candidatures féminines aux postes de responsabilité. Aux députés provinciaux, le RSLF recommande de soutenir les initiatives et édits favorisant l’égalité de genre ainsi que la participation politique des femmes, et de s’assurer que les futures désignations au sein des institutions provinciales tiennent compte de la représentativité féminine. Le mouvement appelle également le gouverneur de province à reconsidérer la composition de son gouvernement afin de garantir une participation plus significative des femmes. Il l’exhorte notamment à intégrer davantage de femmes au sein de l’exécutif provincial, à promouvoir leur nomination au secrétariat exécutif et à renforcer la collaboration avec les organisations féminines et la société civile pour une gouvernance plus inclusive et participative. Le mouvement Rien Sans Les Femmes réaffirme enfin son engagement à poursuivre son plaidoyer en faveur d’une gouvernance équitable, respectueuse des droits des femmes et conforme aux principes démocratiques. Crispin Phocas Mayimbu








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