RDC : Génie Kande met en garde contre un « dialogue-piège » avec l’AFC/M23 Le président de la FOGEKA, Génie Kande, a livré une analyse critique de la situation politique et sécuritaire en RDC, marquée, selon lui, par une tension persistante dans l’Est du pays et par des choix diplomatiques qui comportent de sérieux risques stratégiques pour la souveraineté nationale. Dans une déclaration transmise à la presse, Génie Kande reconnaît que l’option du président de la République, Félix Tshisekedi, en faveur d’une diplomatie préventive pour contenir la crise sécuritaire à l’Est « constitue un pas dans la bonne direction ». Toutefois, il estime que cette approche ne saurait suffire face à ce qu’il qualifie de jeux d’influence régionaux impliquant le Rwanda. « Le Rwanda, dirigé par Paul Kagame, demeure, selon nous, le véritable parrain du M23 et de l’AFC. Il joue un double jeu : d’un côté, un discours officiel de paix ; de l’autre, un soutien à des groupes armés impliqués dans des violences à l’Est de la RDC », affirme Génie Kande. Le président de la FOGEKA se montre particulièrement réservé quant aux appels au dialogue avec les acteurs liés à l’AFC/M23. Pour lui, une telle option pourrait se révéler contre-productive si elle n’est pas strictement encadrée par des garanties sécuritaires et politiques. « Le dialogue réclamé par certains peut devenir un piège politique et économique. Il risque de permettre au Rwanda et au M23 de poursuivre leurs objectifs sans s’engager réellement en faveur de la paix », prévient-il. Génie Kande va plus loin en évoquant les risques d’un processus de négociation informel, mené en marge des cadres institutionnels : « Si le président de la République accepte un dialogue sous la forme AFC/M23, derrière des médiations religieuses, cela pourrait compromettre la sécurité et la stabilité du pays. Les infiltrations et les actions violentes pourraient se poursuivre pendant que l’on négocie. » Cinq propositions pour une sortie de crise Au-delà du constat critique, le président de la FOGEKA avance une série de pistes qu’il présente comme une alternative politique et institutionnelle à la gestion actuelle de la crise : - Exiger le retrait immédiat et vérifiable de toute force étrangère du territoire congolais, notamment les forces rwandaises, à travers une pression diplomatique renforcée au niveau régional et international. - Organiser de grandes rencontres populaires, notamment un meeting au stade des Martyrs à Kinshasa, afin que le chef de l’État puisse écouter directement les attentes du peuple congolais sur les enjeux sécuritaires et politiques. - Former un gouvernement d’union nationale à mandat limité (deux ans), chargé de conduire des réformes prioritaires, d’apaiser le climat politique et de préparer des échéances électorales crédibles. - Faire de la reconstruction des infrastructures de base à l’Est du pays une priorité nationale, en particulier les routes, les hôpitaux et les écoles, afin de soutenir la stabilisation sociale et économique des zones affectées par les conflits. - Préparer des élections législatives, municipales et locales crédibles, pour renforcer la légitimité des institutions de proximité avant toute nouvelle séquence présidentielle. À travers cette prise de position, Génie Kande inscrit son discours dans une logique d’interpellation politique directe du pouvoir en place. S’il reconnaît les efforts diplomatiques engagés par le président Tshisekedi, il plaide pour une approche plus ferme, combinant pression diplomatique, réformes internes et mobilisation citoyenne.








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